Vers un Web 3.0 ?
Par Admin, dimanche 19 novembre 2006 à 11:57 :: Actualités :: #25 :: rss
A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il àrévéler son réel potentiel que l'on commence déjààparler de la prochaine itération : le web 3.0.
Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd'hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d'en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d'une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d'être façonnés.
Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.
Web 1.0 : une expérience intégrée
La première version moderne du web, celle que nous avons connu àla fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l'internet), correspond schématiquement àune expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

Si nous prenons comme exemple le choix et l'achat d'un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l'ensemble de la chaîne de valeur :
- La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
- La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
- L'achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
- Le paiement qui est intégré au site.
Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée
Si l'on se place maintenant dans la peau d'un internaute averti (les fameux power user), il dispose d'une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

L'expérience de l'utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :
- La découverte d'un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d'achat comme ShopWiki ;
- La validation d'un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pour les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
- L'achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
- Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d'encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.
Web 3.0 : une expérience immersive et étendue
En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent àvoir le jour, il est possible d'identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

L'expérience d'achat de l'internaute sera d'une part plus immersive mais surtout plus étendue àd'autres domaines que le web :
- La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d'Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou àl'aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d'Apple ou Yahoo! Widget) ;
- La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s'appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
- L'achat pourrait se faire àl'aide d'un mashup marchand comme celui de Cooqy ou àl'aide d'applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser ;
- Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d'exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d'autres terminaux (comme les mobiles àl'aide de PayPal Mobile) ou àl'aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).
C'est pour quand le Web 3.0 ?
Pour l'instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d'autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse).
Ce qui est certain par contre, c'est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (àl'aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.
Notre mode de consommation de l'information ou des services en ligne va donc s'éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l'internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d'internet 3.0 plutôt que de web 3.0.
Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.